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Coveni, covidi, covinci.

 

Je me promets de relire ce texte avant d'être mort et après que tous ceux qui devaient mourir plus ou moins des suites d'une infection covid 19 seront morts. Le centre de cette phrase se trouve dans le plus ou moins et dans l'intervalle entre ma vie et ma mort, à égale proportion inutiles par ailleurs.

Plus ou moins les sociétés dites modernes sont elles prêtes à supporter que des cadavres roulent sur le bord de routes parcourues d'automobiles qui coûtent chacune un bras.

C'est même pire encore : on ne se figure pas du tout que le moindre cadavre se trouve à rouler sur le bord des routes ainsi qu'il peut arriver dans d'autres pays lointains. Pas un seul cadavre. Cela ferait mauvaise impression. Il faudrait sans doute, avant que cela n'arrive, que les routes soient faites de terre et les voitures remplacées par des vélos. Ou alors faudrait il que soient dispersées les brumes dialectiques qui embaument systématiquement l'atmosphère lorsque sont portés au pouvoir ces gens qui seraient susceptibles de rendre des comptes un jour quand, après avoir ramassé les cadavres au bord des routes, les masses finiraient par se souvenir des grandes assurances qui furent données quant aux grands principes rassembleurs. Et la santé, surtout, qu'il disait. On demanderait comment il se fait qu'une grippe un peu plus contagieuse que les autres, un peu plus sournoise aussi mais en réalité guère plus virulente que la grippe saisonnière puisse pousser les cadavres au bord des routes. Serait elle donc revenue, la peste noire ?

Or non elle n'est pas revenue et je ne vois pas de raison d'espérer non plus que les polichinelles placés devant les bureaux de votes avec des slogans conçus pour enrober d'un sirop epais le moindre rapport à la moindre réalité ne soient pas capables d'employer les mêmes méthodes pour noyer la pire des amertumes dans un bouillon de nouveaux espoirs délirants.

Voici comment je prévois que cela va se passer.

Dans un premier temps, l'homme politique va se rendre compte qu'un grand nombre de pigeons auront découvert par eux mêmes quelques bizarreries foncière dans l'idée de clacquemurer des populations entières. Il a du temps pour réfléchir, le pigeon, derrière les barreaux de sa propre vie. Il finit par se dire qu'en premier lieu, il y avait peut-être deux ou trois personnes savantes sur terre qui auraient pu expliquer deux ou trois choses sur le fonctionnement d'une épidémie et sur la manière de s'y prendre pour éviter la panique. En trois clics on peut aisément savoir que des bibliothèques entières sont dévolues à la question, avec tous les protocoles possibles pour circonscrire le pathogène. Comment des régimes qui ne seraient pas autoritaires pourraient ils feindre de ne pas savoir ?
Ensuite évidement arrive la question des établissements de santé. Des machines à plusieurs millions capables de cartographier entièrement un être humain et pas assez de masques pour tout le monde ?

Heureusement la reprise en main des cervelles perdues est assez aisée et je propose une méthode simple pour y parvenir en peu de temps. Homme politique écoute bien. D'abord tu ramènes ta tête veule, tu montes sur un tumulus quelconque et tu lèves les bras au ciel. -Ah ! Clames-tu (tu exerces ton sinistre métier dans un pays latin, tu fais des phrases et tu as droit au théâtre). -Ah c'est la guerre. Ah notre ennemi doit être pris au sérieux. C'est inédit, je vous assure. Les gens tombent comme des mouches.

La, tu marques une pause et tu dis

SI TU NE FAIS PAS CE QUE JE TE DIS DES GENS VONT MOURIR PAR TA FAUTE.

Tu poursuis en expliquant que jamais à la surface de cette terre n'est arrivée pareille chose, qu'il faut être de bons moutons sans quoi nous serons tous des criminels en sortant de chez nous. Tu resteras très flou sur la réalité scientifique des transmissions. Il faut que chacun, tout pigeon hyperconnecté qu'il soit, puisse se forger par lui même l'idée que flotte dans l'air des molecules de peste qui tuent toutes sortes de gens en assez peu de temps.
Peu importe que dans d'autres pays, les gens puissent simplement sortir sans s'approcher trop et que dans ces pays curieusement les cadavres de débordent pas des tiroirs.

Tu trouves cela un peu grossier ? N'aie crainte, moelleux caramel. Tu ne risques pas tes beaux émoluments. Tu peux te rassurer tout de suite. Songe que nous avons fêté le second millénaire en l'an 2000, songe que les impôts des bonnes gens n'ont officiellement pas renfloué les caisses des banques crapuleuses et songe enfin que l'epidémiologie fait encore plus mal à la tête que toutes ces affaires.

Des cadavres vont rouler dans les rues ?

Non, non, non, Aucun cadavre ne va rouler dans aucune rue. Non, tu vas expliquer que par la fautes des gens qui sont sortis dans la rue, des convois frigoriques ont finalement dû parcourir les rues des grandes de ville pour venir en aide à des personnes fragiles qui n'auront pas eu la force d'appeler les secours. Tu vas t'entourer des experts les mieux habillés pour réaffirmer avec force que nul ne pouvait prévoir l'émergeance d'une nouvelle peste et qu'aucun système de santé n'aurait pu se préparer à chose pareille. LA PESTE JE VOUS DIS. De tous ceux, diplômés des meilleures universités du monde, qui continueraient à affirmer qu'en fait seul 1 pourcent des malades sont morts, tu diras qu'ils sont porteurs du virus de la désormais célèbre maladie de la fake news. Et tu en tiendras pour preuve irréfutable que si ces gens disaient vrai alors il n'y aurait pas tant de cas. Et puis le temps va passer, tout le monde va finir par oublier et tu auras finalement raison à la fin. On dira que l'équivalent de la grippe espagnole aura fait plus de morts que l'ensemble des maladies réunies, y compris la mort elle meme. Quelques idiots dans leurs laboratoires mal financée car aucunement productifs pourront continuer d'expliquer leurs calculs alambiqués sans qu'aucune couille d'aucun chef d'aucun laboratoire pharmaceutique ne bouge d'un millimètre. Et lorsque tout le monde sera retourné à ses petites affaires, ils pourront toujours crier au scandale ceux parmi les gens des hopitaux qui ne seront pas morts d'avoir respiré du virus à haute dose, le nez au vent. Car tu vas t'engager dans la voie du progrès pour le bien général.

L'argent va revenir dans ton système de santé ?

Oui, bien sûr, c'est ton engagement et tu t'y engages.

Cela fait un bon moment que tu t'engages. Tu t'engages même à t'engager. Car c'est cela ton engagement.

Et ainsi de suite.

Bref, les cadavres vont rouler dans les rues maintenant ou plus tard, à plus ou moins grande échelle, ici ou ailleurs, dans toutes ces sociétés traversées par d'imbéciles idées, et plutôt que nous adonner à des calculs sur le degré d'humanité comparé des différents lieu d'application de la même putasserie , il est plus temps de prendre position. Je m'y engage. En un mot quand on demandera aux foules de participer à des souscriptions mondiales pour renflouer les boutiques de toutes tailles, les pauvres banques et en bref payer la facture du système économique mondial et dépolitisé, il faudrait peut-être changer un peu d'avis cette fois, faire un léger pas de côté. Ou bien je suis pour ce qui existe et dans ce cas je me réjouis que les nouveaux polichinelles de la représentation sociale continuent d'appliquer le programme que les gauchistes du siècle définitivement passé appellent un programme de casse sociale ou bien je trouve pour moi même de quoi corroder de l'intérieur le navire absurde dans lequel je suis monté. Le ou bien ou bien n'est ici pas très aisé. Il semble que personne n'aime voir les cadavres rouler dans les rues ou alors s'agit il d'une minorité qu'il convient sans doute d'envoyer sur le lune avec un pétard dans le cul. Pourtant si nous suivons le projet actuel jusqu'au bout il s'agirait d'accepter cette idée de tolérer les cadavres dans les rues, car tout ce qui ne sert pas à la bonne marche des affaires, à la fluidité des échanges économiques dépolitisés, est forcément en trop. L'hopital public, sous cet angle, est inutile. Les gens qui réussisent devraient avoir les moyens de se faire soigner et les autres, ceux qui ne réussissent pas, devrait laisser la place au plus vite à tous ceux qui pourraient réussir. Leurs enfants ont encore leurs chances non ? Du reste, s'il s'agit d'éradiquer une épidémie le mieux est donc de ne rien faire afin que ceux qui doivent mourir meurent et laissent en héritage à la société qui reste des frais de santé moindre ainsi qu'une défense immunitaire issue de la selection naturelle des anticorps. Dans le même ordre d'idée tout le monde peut théoriquement avoir un million en partant de un euro, à force d'essayer. Tous les gagnants du loto ont joué, disait la publicité. Les retraités sont un poid pour la société des affaires et des bonnes finances. Le droit est fait pour défendre ceux qui ont les moyens et le temps de se sentir lésé. La police a pour role d'empêcher les intérêts économiques et leurs représentants d'être importunés par ceux qui n'ont pas réussi à avoir des intérêts économiques. En un mot, ce parti consisterait à être réaliste. C'est l'histoire du pauvre qui s'imagine qu'un restaurant à 10 euros va vraiment lui servir le boeuf bourguignon qu'il propose, le commande et meurt d'y avoir cru au lieu de prendre le plat de lentille. Choisis ton camp, misérable.

Ou alors, dis-je, il s'agit de corroder les choses de l'intérieur. Corroder les choses depuis l'extérieur, de manière publique, c'est à dire, en défendant des sociétés justes et des principes supérieurs, ça ne fonctionne pas. Ca ne fonctionnera pas tant que nous ne commanderons pas le plat de lentille mais plutôt la marchandise frelatée qui flatte nos illusions. Du reste quand les illusions se mêlent à la politique, quand quelqu'un s'avance pour parler de société juste et de principes supérieur sans être juste un pantin, en y croyant vraiment, avec un projet d'émancipation sociale et toute la construction qui s'en suit et bien même en admettant que cela puisse encore exister dans un monde où c'est déja la guerre des boutiques de tous contre tous, il reste à montrer que cela ne finit pas toujours en dictature ou en théocratie. Or j'ai l'impression qu'il y aura toujours des prêtres pour simplifier de manière agréable la violence foncière et inhérente à l'existence et toujours des mécaniciens zélés pour perpétrer leurs crimes de lèse majesté. En ce sens le système mondial des boutiquiers dépolitisés nous protége de manière paradoxale des fureurs populaires.

Donc, ce qu'il reste à faire c'est faire couler le navire depuis l'intérieur. RESTEZ CHEZ VOUS ET CASSEZ TOUT.

Il faut que je pense à rédiger un précis de révolte globale réalisé dans la plus parfaite observance des règles actuelles. On va voir cela.

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