l-actualité-comme-si-vous-y-êtiez
 

Le déconfinement oui !

 

Maintenant que chacun peut voir à quel point le confinement est impossible il faut tout faire pour l'interdire

N'est il pas vrai que la vie réside dans le fait de rire boire et chanter en bonne compagnie lorsque le satané travail il est fini ? Cette idée sotte de mettre tout le monde au mitard pour sauver trois pattes à un canard, je n'en peux plus. Les chiffres sont formels : en empêchant ceux qui peuvent rire boire et chanter pour sauver ceux qui ne peuvent plus faire ni l'un ni l'autre ni l'autre, on détruit l'idée même de la vie pour la majorité vivante au profit d'une minorité presque morte. Si les jeunes alcooliques en bonne santé ne peuvent plus travailler pour acheter des voitures et du vin, ils vont simplement mourir par d'autres moyens, tels que : égorgé par le voisin qui a faim, mangé par le chien du voisin qui a encore faim après avoir mangé l'autre voisin, j'en passe et des meilleures. Et ce qui nous pend au nez ensuite c'est que tous les bars vont fermer, ou du moins tous ceux qu'on ne pourrait pas atteindre en rampant depuis sa maison de mourir. Il ne resterait plus dans les rues que des vieilles carnes pessimistes et frileuses, flanquées peut être de personnel médical ou policier ou les deux et ce ne serait pas le genre à aller non plus s'enthousiasmer comme les jeunes alcooliques dans des salles de spectacle d'ordre culturel. Fini les Sex Pistols, fini Pierre Boulez. Du jour au lendemain on ne pourrait plus guère sortir que pour aller dans les bars pour parler du temps où les Sex Pistols allaient à Bayreuth avec Pierre Boulez et Patrice Chéreau pour imaginer le prochain spectacle qui allait casser dans les centres villes la baraque. Que des trucs de vieux cons en somme. Funeste perspective, triste topique !

Dans ces conditions il importe de revoir le scénario complètement pour la prochaine fois où le Roi aura un orgasme potentatique et déclarera la mise au mitard de tous les jeunes. Et la meilleure solution sans doute pour ne pas être assigné à résidence c'est de ne pas résider. Monsieur le président, vous ne présiderez qu'aux résidents et vous vous ne convaincrez que les vaincus. Voilà qui est dit.

Comment ne pas résider ? Résider est une tentation que chacun peut éviter. Résider c'est ne pas résister. Il n'y devrait pas y avoir que les sdfs qui soient nobles dans la rue. Ils ne devraient pas être les seuls à posséder l'entièreté de l'espace public en ne possédant aucune demeure. Tous nous pourrions reprendre la liberté que la cabane et les casaniers nous ont enlevés en nous retirant comme la mer sur les crabes velus. Ils sont logés avec leurs pinces d'emprunt dans les anfractuosites les plus enviables de ce rivage ou nous avons échoués et ils attendent. Et nous attendons. Tout le monde attend qui de profiter qui d'être exploité.
Pourtant, o piafs de tous les pays, il n'est pas encore trop tard pour sortir de nos trous. Avant que les opportunistes mandatés par le commerce de chaque chose ne referment le couvercle au dessus de nos vains logis, nous pourrions ramper à l'extérieur et réapprendre à exister sous le soleil. Non plus sous le soleil qui est par dessus le toit  par dessus la couverture sociale par dessus les boucliers fiscaux par dessus le couvre feux par dessus la protection civile par dessus les dispositifs de soutien et de maintien ou par dessus les drones et les satellites et les lignes à haute et basse tension et les lignes aériennes et toutes ces choses qui ne sont là que pour aller d'un trou à un autre, mais sous le soleil immédiatement. Exactement. C'est pas des blagues, c'est pas des chansons, c'est parfaitement sérieux, chers coreligionnaires emasculés et cette proposition est même brutalement étayée de réalités scientifiques. À qui devrais je apprendre en effet que le truc hommidé a passé quelques cent mille ans à vivre sans maison fixe ? Puis que vinrent les outils et les enclos, qu'avec les enclos et les outils vinrent les comptables chauves et toutes sortes de calamités tels que l'écriture et les écrivains chauves ? Le chant et la poésie ne suffisaient pas, c'est moi qui ajoute à la science, alors il a fallu des écritures et des écrivains.

J'admets, cela posé, qu'il ne sera pas facile de se débarrasser du jour au lendemain des vieilles habitudes. Se débarrasser des crabes c'est un grand réconfort. Ramasser des pinces séchées sur le bord des chemins, quelle heureuse perspective. Mais comment donc allons nous faire sans les coquilles de nos piteux logements ?

Eh bien c'est simple, nous allons faire avec sans. Avant le prochain reconfinement, chacun sortira de chez lui avec la liste des choses qu'il aurait emporté s'il partait en vacances longtemps. Cela ne fait pas en réalité grand chose. Grâce soit faite à l'argent roi dématérialisé dans la musique des sphères financières, il n'y a normalement rien chez vous qui tienne lieu de richesse. La richesse c'est votre compte en banque très légèrement positif qui flotte la haut dans les nuages des échanges financiers réalisés sur votre bonne mine de petit organisme qui habite à un endroit. Dès que vous serez sortis de chez vous sans laisser d'adresse à votre banquier vous pourrez toujours continuer à vivre votre deconfinement dans les restaurants et les bars avec les moyens de paiement qui vous sont octroyés par la haute sollicitude de ce dernier. Les propriétaires quant à eux pourront toujours revendre leur bien à la banque pour que celle ci puisse réaffecter les lieux aux seules activités qui feront encore sens après le deconfinement définitif de tous. Que les choses soient claires, la seule activité franchement désagréable sous le soleil immédiatement c'est quand la pluie ou la neige ou tous les trucs tièdes entre les deux coulent dans le cou du déconfiné au moment de déguster les ortolans farcis ou de boire des vins suaves. Les bars et les restaurants sont faits pour rire boire et chanter, ils sont donc vitaux pour la société nouvelle des hommes sans adresse et ils seront donc naturellement conservés. Imagine t on le nombre de logements vacants qui pourraient être des bars ou des cafés ou des restaurants ? Ami sans culotte sans adresse réjouis toi car tu pourras, partout où tu gareras ta voiture ou ce qui en tiendra lieux ( roue chinoise, tonneaux, femme à pédales etc) déguster des mets délicieux arrosés des meilleurs liquides. Je simplifie bien sûr mais tout le reste relève des détails fastidieux à examiner. Il suffit en gros de voir que les logements vides ne seront plus ces verrues qui bouchent l'horizon et nous empêchent de voir du levant au couchant mais des lieux de sustentation tandis que toutes les autres verrues pleines encore de mauvais pus pourront servir à travailler s'il faut gagner encore des sous, ou bien pourront héberger les animaux des zoo ou bien serviront lieux d'aisance culturels où chacun pourra s'adonner aux arts et à la discussion.

Seraient ils tentés de nous reconfiner à nouveau, les propriétaires de ce monde de boutiques, ils pourront brosser leurs pinces car feront défaut les vastes prisons et les cimetières grandioses.

Joie !

← Je veux ma Momon