Une nouvelle aventure de Super Kleist, le seul super héros au top de votre forme
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À l'aide super Kleist,j'ai un problème !
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Dis moi quel est ton problème mon petit chat et je te dirai ce que je peux faire.
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Ah monsieur Kleist cela me ferait bien plaisir si vous pouviez m'aider avec mon problème de films. Sur Internet vous voyez il y a tous les films de la terre mais dès qu'on cherche à savoir si «les aventures de poil et peigne» font partie d'une collection de films que l'on peut consulter en échange d' un abonnement, tous les marchands de films me disent que peut-être c'est le cas, peut-être pas et que pour le savoir il faut d'abord que je paie mon abonnement, ensuite on verra. Vous comprenez, Super Kleist, "les aventures de poil et peigne" font partie de ces chefs d'œuvres que je possédais autrefois au prix de grandes privations et que j'aimerais revoir sous forme de brochettes grillées, c'est à dire en recherchant les brochettes selon le nom du cuisinier. L'auteur du film «les aventures de poil et peigne» était de mon point de vue un génie et comme je suis vieux, j'aime ressentir le confort qui émane naturellement du génie. Vous vous rendez compte sans doute que pour des gens dans mon goût, savoir que je pourrais revoir ce film de deux heures quarante où l'on assiste aux transformations mythologiques d'une tribu bouriate qui voit tomber d'un avion un peigne, mais aussi les autres films de ce même Auguste Polytropos tel que «le miroir de la vague sans fin» ou «Pierre et Souche font mouche», cela compte beaucoup pour moi. Beaucoup. J'ai du chagrin. Ensuite quand j'ai l'impression d'avoir trouvé une boutique fournie qui permet de se figurer l'existence du poisson avant d'avoir acheté la carte de pêche, sans non plus que les eaux soient franchement claires, j'apprends à mon grand désespoir, tandis que mon repas prend feu dans ma cuisine à force de clics, que finalement mon film n'est pas visible dans mon pays et puis rien ne me dit dans quel pays je devrais me rendre avec mon Pentium 4 pour le voir avant de mourir de désespoir. J'ai l'impression, monsieur Kleist, qu'ils le font exprès. Tant et si bien qu'au lieu de regarder mon film je bois cul sec une bouteille de vin et je finis la soirée à parler à un DVD sans père ni patrie. Il faut faire quelque chose Super Kleist.
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Je vois, je vois, c'est en effet assez préoccupant pour que je m'en préoccupe de ce pas, je suis déja parti , adios.
Quelque temps plus tard je recus de super Kleist le rapport d'activité suivant.
Rapport d'activité de Super Kleist du 28 octembre 2026
C'était un grand bâtiment moderne, c'est à dire de la même couleur grise que tous les autres bâtiments mais avec de jolies fenêtres qui font moderne, derrière lesquelles j'observais de grands bureaux trés spacieux où pas un papier ne traînait, où se tenaient de grands types assez blonds et assez gros en train de travailler, d'aprés ce qu'ils disent. Il y en avait un debout avec une télécommande à la main qui montrait aux autres blonds sur un écran, long comme trois grands blonds gras disposés pieds contre crânes, des genres de pâtés de sable dont la hauteur variait à chaque début de phrase, au commencement d'une desquelles je poussai la fenêtre devant laquelle je flottais depuis quelques minutes en lisant ma fiche de mission.
Je leur dis de fermer leurs bouches qu'ils semblaient avoir laissées prêtes à gober quelques mouches car, ajoutais-je, cela ne durerait pas longtemps, qu'il était également dans l'ordre que mon costume ne leur dise rien, étant en effet un super héros germanique qui ne fait rien d'important à part se coucher tôt après un travail correctement mené.
Ce faisant je fis cesser toute vélléité de fuite avec un nuage de culpabilité que je dispersai dans l'air d'un geste de la main. Chacun se rassit dans son fauteuil en ouvrant de grands yeux introspectifs braqués droits devant soi.
- l'un de vous, d'après mes renseignements, est le responsable monde des catalogues distributifs groupes cibles et à ce titre a conduit une campagne de mise en avant des souscriptions freemium intégrés à des entités long métrage à droits dynamiques ou bien, pour le dire autrement, c'est vous qui avez ordonné l'insertion d'une publicité trompeuse sous la fiche du film «les aventures de poil et peigne» pour lequel vous ne disposez pas de droit de distribution, ou bien, pour continuer à le dire autrement, c'est celui de vous qui a essayé de vendre ce que vous n'avez pas à quelqu'un qui me savait pas non plus ce que vous aviez vraiment et au sujet duquel vous n'avez pas dit ce que c'était. Je cite Jacques Lacan de mémoire, rendez-vous compte si je me donne du mal. Cette personne va se designer et faire quelques pas devant moi.
Je vis un grand blond gras dans un polo gris, ni plus ni moins gros que les autres blonds, se lever en regardant le sol, puis s'avancer dans ma direction. A dix mille euros la montre à son poignet, j'avais envie de le lui casser pour savoir l'heure avant de partir, mais non bien sûr, qu'on se rassure, je suis un super héros sérieux, je reste dans les clous. Ainsi donc lui dis-je, c'est vous qui avez sur la conscience les pires sentiments négatifs de mon client et sans doute de millions d'autres alcooliques qui basculent dans les spirales de l'enfer poussés qu'ils sont sur la pente de leur funeste sort pour un détail fâcheux, en l'occurence votre OEUVRE. Nous allons donc partir faire un petit tour explicatif qui vous fera le plus grand bien.
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Mais, dit-il, vous voulez m'enlever à cause d'un encart publicitaire ?
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En effet car je suis super Kleist, lui dis-je tout en paralysant son système nerveux , et c'est cela qu'en effet je fais.
Une fois dans les airs au dessus du vide du 58ième étage mon client s'est évanoui tout à fait, ce qui est bien entendu ce que je prévois en général tant cela m'épargne de peines. Je le fis monter jusqu'au toit de cet immeuble et l'installai, inconscient, assis contre un gros tuyaux d'aération afin de l'envoyer tout seul en promenade. Avec l'habitude nous autres les super héros expérimentés ne nous fatiguons plus avec les ennuis techniques du monde réel, tous ces donneurs d'ordre et autres forces de l'ordre qui viennent vous pourrir la vie à chaque fois que vous soulevez un bus ou pliez un arbre, comme quoi cela ne se fait pas et qu'au nom de la loi et au jeu de l'oie et tatata et tatata. Sans compter ces fans qui n'ont plus le sens du spectacle, viennent demander un autographe au milieu de l'action. Ce genre de desordres. Il est donc beaucoup plus simple d'accompagner les sujets dans leur cauchemars, quoi que je sois maintenant par conséquent contraint de surveiller ma ligne, si, comme là avec ce blond responsable monde, pour en revenir où j'en étais, je suis là, assis au soleil, en train de fumer mon clope tout en pilotant l'action. Notre type était d'une faiblesse suggestive rare. Il n'était pas encore tout à fait sorti de son coma que déjà je le sentais plier sous le flux que j'envoyais dans sa petite cervelle bien peignée.
Nous marchions donc sur le trottoir d'une ville qui lui était famillière de toutes évidences, un jour off, semble- t-il, avec sa très jolie femme dans la peau siliconée de laquelle je me trouvais, donc, pour aller acheter des choses comme je me mis à dire. Au début quand je monte dans un train en marche, je prends soin de laisser un peu aller les choses afin de m'habituer un peu au genre de la maison, le tralala du quotidien du couple blonde et ses petits gestes de communion qui forment pour eux le sel de La vie.
Nous entrâmes dans une boutique. Il me fallut pas longtemps pour le déraillement. Une fine paroi en plexiglas était dressée entre la porte d'entrée et la vitrine de cette boulangerie. Etaient alignés avec grâce et amour du commerce ces mêmes viennoiseries que nous avions mangées la semaine précédente, avant que ne soit installé le barrage en plexi où, l'ai je dit, nous nous côgnâmes de conserve. Dans mes histoires on profite des gens qui se cognent au moins deux fois car tel est mon goût. Quand mon mari eût remis ses lunettes en place, je lui demandai si c'etait moi qui était folle ou si les viennoiseries avaient véritablement disparu en nous cognant. On distinguait en effet des sortes de petits animaux aux contours mal définis qui ondulaient dans une lumière douce et comme visqueuse
- Mais, demande mon mari, et la boulangère ? où est passée la boulangère ? On ne peut pas laisser faire des choses pa...
mais hélas de nouveau nous nous cognames le front sur cette paroi mobile. Mais que... Survint alors un flash de lumière blanche découvrant un texte surdimensionné qui nous invitait à insérer notre carte bancaire dans une fente qui s'était formée à hauteur de nombril. Je rassurais mon mari, qu'en effet il ne fallait pas s'inquiéter, car je l'avais entendu dire, l'entrée de la boulangerie était devenue payante, c'était vrai mais tout le monde dans le quartier disait que ce n'était pas cher et puis on savait bien que c'était une bonne boulangerie puisque nous y avions acheté de délicieuses choses la semaine passée et qu'en payant tout de suite, mon chéri, une somme si petite, c'était sûr que toutes les autres fois nous ne cognerions pas le front, qu'au contraire c'était l'assurance d'un service d'accompagnement premium vers un choix de nouvelles expériences croustillantes et savoureuses et qu'ainsi lorsque je passe mon doigt là sur le bord de la couture du pantalon et que je glisse, oh, pardon, mauvaise direction, et que je le glisse jusqu'à ton porte... Mais attends, dit mon mari, c'est quoi ça un service premium pour trois croissants, si tu crois pas que je peux pas... qu'est ce qui nous dit que je vais vouloir acheter des croissants que je me vois... mais qu'est ce que tu...
La carte de mon mari rentre dans la petite fente qui clignote comme le soir de notre première rencontre - ah les misérables me disais-je en tirant sur ma clope - et voilà que s'ouvre ensuite une trappe sous mon mari qui chute d'un mètre ou deux, j'ai pas tous les détails en tête, jusqu'à une cabine de sous-marin plongée dans un noir pénible. Mon mari m'appelle, mais je ne suis pas là. Il se met à crier au secours. Bientôt la boulangère, dégoulinante de sueur dans un débardeur militaire, sort d'une coursive en soufflant, cela avec le projet de lui dire d'économiser l'oxygène, qu'il n'y a plus qu'une seule cartouche d'oxygène en stock, qu'il faut se dépêcher, un seul exemplaire en stock, que la seule solution pour une experience savoureuse et croustillante c'est de faire dérouler le texte juridique qui s'affiche devant lui en calant chacun de ses pieds dans les ci-devant pédales, à droite du texte le niveau d'oxygène qui baisse, à gauche le texte qui monte en grinçant, car c 'est un vieux mécanisme qui demande beaucoup, beaucoup d'efforts.
J'ai cru que j'allais le perdre déjà tellement il étouffait pendant le pédalage. Un long, long texte, c'était, où il était question d'une course cycliste dans les montagnes andines que l'on était obligé de parcourir entierement pour avoir droit à un pain au chocolat mais sans garantie. Ni sur le chemin à suivre, ni sur l'intégrité de la bicyclette, ni sur la présence toujours impossible à exclure de grandes créatures poilues susceptibles de pousser les coureurs dans le ravin, ni sur l'existence d' ingrédients détectables dans le pain au chocolat. Épuisé, au bord de l' apoplexie, mon mari finit par remonter à la surface. Il se passe de drôles de choses ici, dit-il. Et en effet, tout rentre temporairement dans l'ordre pour mon chéri debout quoiqu'un peu tremblant des jambes devant l' éternelle boulangère souriante et cette fois en tenue de boulangère qui demandait ce qu'il vous fallait, ainsi qu'il se devait, sans d'ailleurs que j'aie jamais pu comprendre pourquoi chez les gens des boutiques on parle toujours de ce qu'on voudrait acheter au passé. Du moins c'était cette fois la formule la plus précise, tant était mal engagée cette journée.
- Eh bien, dit mon mari, d'une voix quelque peu, attendez, je regarde, oui dans les romans d'expression franco-bourgeoise, on s'exprime d'une voix blanche, si bien que mon mari dit de cette voix blanche dont il s'agit qu'il lui semblait vouloir un pain au chocolat ou bien un croissant mais avec de la pistache dedans, le croissant, sinon il aurait préféré ou eut préféré un pain au chocolat, il ne savait plus bien comment dire tant il se passait, se passerait ? de drôles de choses ici, ajoutera mon mari.
Alors la boulangère entreprit de ne rien dire.
- Et vous ne dites rien ?
- Peut-être n'avez vous pas compris qu'il fallait choisir au moins trois items pour bénéficier d'un, au prix unitaire équivalent à la moitié du modulo de la somme divisé par le carré de la différence, mais je vous rassure tout cela uniquement pour vous en exclusif premium puisque vous avez déjà pré-payé l'entrée dans notre établissement
- Ah, fit mon mari, d' une voix, attendez, sauce blanche, eh bien dans ce cas je vais prendre, disons, trois pains au chocolat pour le prix que vous dites car je crois que, mettons, un étant inférieur à trois, cela me fera à la fin au moins un croissant au pain au chocolat fourré à la pistache, mais s'il vous plait sans le beurre
Je serrai le gras du quadriceps de mon mari comme je le faisais de toutes évidences de manière régulière pour manifester mon assentiment et en l'espèce l'assurance d'une viennoiserie premium et puis ensuite une promenade dans ce quartier si sympathique c'est à dire vidé de tout pauvre, considérant le prix du pain au chocolat... donc il se fit que la boulangère glissa une main longue et pâle sous la lumière rasante de la vitrine où scintillaient les viennoiseries et d'un geste vif fit disparaitre trois formes oblongues dans un petit sachet en papier blanc. Le sachet blanc était très réussis dans sa facture. De jolis dessins géométriques dans des tons pastels entouraient des lettres joyeuses qui disaient le bonheur d'exister dans un quartier qui sent la brioche chaude et la moelleuse tradition. C'est l'attention porté aux détails, pensait mon mari, dans son langage corporette. Je glissais le sachet armorié dans la poche de mon long manteau rose en laine d'Alpaca et l'autre main derrière le coude de mon mari flageolant qui marmonnait quelque chose sur l'attention portée aux détails et ainsi de suite quelques pas trainant jusqu'à la porte de la boulangerie, ET VOILA ... nous, le grand air vif, heureux, tout simplement. Du moins c'est comme cela je pense qu'on le dit. Quand même, il portait une bien belle montre, je me disais, avec plusieurs cadrans dans le cadran principal et au fond je me demandais si ce genre d'appareil n'aurait pas d'avantage de gueule au poignet d'un super héros germanique tel que moi, non que cela eut véritablement aidé à la synchronisation de mes différents plans d'action implantés sur plusieurs zones du réel, l'heure des marionnettes, l'heure des songes, l'heure des contrats et tout cela mais quand même moi je trouvais cela symboliquement synchrone ... si seulement cela n'était pas interdit dans le code tacide de la morale du super héros germanique. Dans la peau de ma blonde béate, j'en étais à ces reflexions qui me prennent désormais, faute de me dépenser vraiment comme autrefois. On ne peut pas tout avoir. Et en tout cas aucun costume de toutes les couleurs ni méme une petite montre un peu classe. Pas un mot du mari pendant ce temps là, agrippé à mon bras comme un grand père qui a vu le jour, tant et si bien qu'il me prit de faire s'épaissir le brouillard autour de nous et de faire apparaitre un banc bien vert, luisant, net et libre.
- Et si nous mangions nos croissants fourrés à la pistache de chocolat là par exemple, sur ce banc que je vois et que tu vois et qui nous tend les bras, demande mon chéri pâteux.
Mais bien sûr, trés bonne idée. Un banc avec des bras, deux blonds enlacés dessus. Je lui demandai quelle heure il pourrait actuellement se faire. Non, songeais-je, en regardant la montre briller dans la lumière nord-américaine crue du toit de l'immeuble, je ne vais pas risquer ma réputation pour une breloque. Et donc je déposai le petit sachet de boulangerie sur mes genoux ronds en chantonnant une souris verte qui courrait dans l'herbe, on attrape la chocolatine par les pieds, on la montre à son monsieur, son monsieur me dit mais qu'est ce que tu dis, mais où est la viennoiserie ? Le moment croustillant premium fut venu quand je présentai un long caillou plat au creux de ma main à mon mari qui l'enfourna quand même dans sa bouche de toute les manières béante. Quand il en vint à se plaindre que c'était une echkroquerie je me levai bien droite devant lui pour lui en flanquer une.
Ce n'est pas que je sois féministe tout à fait mais je dois dire que des mains de fille bien serrées, aussi fragiles qu'elles puissent sembler au premier abord, j'entends par là les affaires de déclarations au clair de lune, opération donne la pa patte au futur papa, sont tout aussi efficaces à faire péter une mâchoire quand on s'y prend bien, c'est à dire un coup bien sec, bien droit avec la bonne vitesse qui s'écrasera au bon endroit quelque part entre le nez et le menton. Et puis c'est assez joli il faut dire ces poignets fins, parfois ornés de bracelets légers, qui voient leur volume agréable scuplté par des ridules de sang chaud.
Je laissais tout cela tel que c'était, m'essuyant les mains à mon stupide manteaux rose, tandis que mon mari dégustait son travail, son chef d'œuvre de marketing dynamique. Sur le toit de l'immeuble je trainais mon gros client jusqu'à la porte de l'escalier afin qu'il retrouve facilement son chemin, en bon super héros honnête que je suis.
Encore une mission accomplie avec brioche par Super Kleist, je pense.