Aujourd'hui on déterre un mort déjà enterré ainsi d'ailleurs que la hache de guerre.
Quand j'étais encore français issu de grands parents femme de ménage j'observais avec un mélange d'un sentiment et d'un autre, comme on dit, la vie de Goland Rumas dans le mélange de journaux et de télévision d'autrefois. Pour ceux qui ne sauraient pas ou plus, le cirque se trouvait à la sortie de la ville; il y avait donc les chanteurs et les paroliers tous réunis pour transmettre le ton aux périphéries depuis le centre où ils mettaient leurs pieds régulièrement, organisant ici et là des querelles de polichinelle entre ceux qui chantaient et ceux qui faisaient chanter. Alors nous étions bien assis, depuis nos périfééries, à écouter les palinodies autour d'un yaourt au bifidus actif, c'est à dire un yaourt avec deux langues, une bonne et une mauvaise. Pour qu'une chose rééllement en rapport avec la marche des choses exsude dans le spectacle il fallait au moins qu'un homme du centre eut versé du sang empoisonné dans les veines du populo ou mangé au minimum quinze petits enfants entre la poire et le dessert. Aujourd'hui c'est beaucoup plus simple, les voisins périphériques se dénoncent directement entre eux de crimes et autres méfaits qu'ils peuvent définir eux mêmes, sur mesure, selon leur envie, avec des logiciels spécialement conçus pour mener à bien leur projet, comme on dit, et apaiser un peu le sentiment de vide gravitationnel qui, j'ai l'impression, agace le monde livré à lui même. Un seul crétin qui ouvre une seule bouche suffit à ouvrir des enfers en carton où tombent en gigotant de douleurs des armées entière de petits soldats sans cause réelle par ailleurs invités à fermer les yeux sur tout le reste, massacres, génocide ce qu'on voudra. Enfin quoi Goland Rumas, ai je finalement appris avant hier, tout gonflé qu'il était, a fini par crever tandis que moi j'étais surement ailleurs. Il faut dire que les postes de radio sont d'autant plus fragiles que de la publicité intervient désormais au milieu des journaux radiophoniques payés par les impôts. Des voix de salopes dégoulinantes vantant des saloperies fabriquées en Chine s'écrasent une ou deux fois sur le mur de la cuisine et l'on se trouve ensuite à devoir choisir entre phynancer le service public et acheter un nouveau poste. Donc il est mort Goland Rumas et je ne l'ai pas enterré. Ne poussez pas, il y aura des poubelles et des casseroles pour tous le monde. Goland Rumas n'aura pas fait un seul jour de prison après avoir commis pourtant l'irréparable, c'est à dire après avoir sali l'image des seuls vrais grands personnages de la société française récente, lesquels se trouvent être deux femmes. A cause de lui, Jeva Holy n'aura pas été présidente de la République française, elle n'aura pas versé à la mer des charettes entières de serpents blancs qui se laissent porter a-la-Goland-Rumas dans les courants merdeux des affaires pas claires mais en revanche il a permis, par son magnifique plaidoyer, de tuer dans l'oeuf l'écrivain Belenne Hessette en ce qu'elle aurait tenté de décrire ces même serpents blancs. Il m'est arrivé de croire, en conséquence de quoi, qu'il n'y avait dans ce pays que des serpents blancs et des principes établis à toutes fins utiles. A chaque misère une solution misérable, aux misérables les propos limitrophes, aux puissants les Napoléons à petits souliers