journal ---- 21 Jan 2023 grand-sédimental ---- 21 Jan 2023

C'est quoi cette rubrique ?

C'est un journal retro putatif écrit aujourd'hui pour des évènements datant d'il y a mille ans. Tous les jours je pense à ce que j'aurais écrit dans mon journal il y a 30 ans. Si la vie est un gruyère, seuls les trous sont ici évoqués.

 

2023/01/21 ou l'inventaire

 

Où il s’agit de faire l’inventaire historique des biens que j’ai possédé depuis que je suis en capacité d’en acquérir sans demander à des parents où à des passants dans la rue, ainsi qu’il que cela a failli arriver.

La liste des habits n’a pas varié en nombre et comme on le dirait des chats les noms ont changé mais ce sont toujours les mêmes. Jamais je n’ai eu plus de 5 chats pantalons en même temps et jamais il n’est arrivé qu’un des cinq pantalons ne gratte pas un peu. Il a fallu que je possède des chemises pour travailler. Jamais leur nombre n’a dépassé dix. Les chemises que je possédais avant de rencontrer des gens de goût pouvaient dans certain cas laisser voir mes bras jusqu’au gras du biceps, poils compris. Pendant un moment de splendeur ultérieure j’ai possédé jusqu’à la moitié de cet effectif dans une couleur parfaitement blanche et parmi cette moitié une moitié d’origine italienne c’est à dire formant un dos cintré. Je possède désormais quatre chemises au cas où, car mon dos n’intéresse plus personne, ni d’ailleurs mes tee-shirts, qui sont allés jusqu’à atteindre le nombre vingt. J’ai possédé jusqu’à 5 paires de chaussures en état d’usage à la fois mais ce nombre est tombé à 3. Le linge de corps n’a jamais existé comme élément historique comparatif je crois. Si j’avais pu acheter des boléros en dentelles rouges, je pense que je ne l’aurais pas fait. Je n’ai jamais acheté de cravate et si j’en ai porté c’est parce que personne n’en portant plus, chez les demi gens d’où je viens, je pouvais donc bien aller me faire pendre avec sans que cela ne froisse aucun représentant du beau linge.

Il faut compter les chaussures de montagne. Bas de gamme, moins bas de gamme, moyenne gamme puis inutiles, faute de montagne, qu’elle soit basse, haute ou moyenne.

Un manteau sert toujours. J’ai eu jusqu’à trois manteaux simultanément. Léger pour le printemps, moins léger pour l’automne, boudinant pour l’hiver.

J’ai financé l’achat de 6 planches à roulettes. J’ai utilisé deux de ces planches à roulettes pour contrevenir aux mouvements de grève parisiens. Je n’ai pas eu de contravention. La loi précise pourtant que sur les trottoirs, pas de roulettes.

J’ai possédé un vélo pliant de luxe qui m’a donc été volé comme tout ce qui vaut quelque chose. Deux vélos neufs non pliants. Quatre vélos d’occasion. Tous ont disparus, ont été oubliés, donnés ou abandonnés, comme tout ce qui n’a pas été volé.

Je n’ai jamais possédé un meuble. J’ai trouvé des meubles. Est ce que les meubles en carton comptent comme meubles ? Si c’est le cas, il faut porter trois casiers en carton à l’inventaire, parti à la benne il y a une dizaine d’années.

J’ai acheté un matelas neuf en 2010 pour la première et dernière fois. Le latex naturel, qu’ils disaient. Chassez le latex naturel etc

J’ai possédé jusqu’à 600 livres je pense, maintenant une vingtaine, à cause des déménagements. 200 DVDs tous revendus ou copiés ou perdus. C’est comme les milliers de films vu au cinéma qui demeurent dans la mémoire, même si le support est en coma prolongé.

J’ai habité conformément à ma volonté dans treize appartements où j’ai transporté dans des valises les biens que je possède ainsi que dans des sacs à dos, à quoi s’est ajouté le supplément vital qu’il a fallu transporter aussi, c’est à dire le matelas, le vélo et le matériel de communication tel que l’ordinateur et le téléphone du moment. J’ai possédé deux ordinateurs sortables et deux ordinateurs sédentaires. En revanche j’ai sans doute possédé une dizaine de téléphones, tous bas de gamme, surtout pour téléphoner, curieusement, parmi lesquels un téléphone belge de la taille d’une carte de crédit qui ne téléphonait pas toujours et qui n’affichait pas non plus toujours ses intentions. Il a fallu également transporter sans doute une dizaine de mètres en serpents entortillés pour relier les apparails entre eux.

Ma richesse fut de posséder dix claviers d’ordinateur. Avec des touches programmables spéciales dans ma jeunesse folle, ah folies de la jeunesse folle, plus tard avec le moins de touches possibles.

Ma très grande richesse fut de posséder un piano numérique désormais vintage.

Ma richesse immense est de posséder maintenant un piano hybride pesant exactement cent onze kilogrammes sur lequel je pose une liseuse numérique de cent grammes où il y a presque tous les livres que je veux encore lire.

Voilà l’inventaire que l’on peut faire. Et si j’achetais une tente au cas où ?

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